Dans le vaste bleu des océans, les formes à multiples têtes des requins—chasseurs élégants, habitants de récifs aux formes étranges, les géants doux des profondeurs—peuvent sembler être des créatures d'une variété sauvage. Pourtant, sous la peau de 54 espèces étudiées se cache une régularité surprenante : les corps des requins adhèrent étroitement à un principe géométrique simple, longtemps soupçonné mais rarement confirmé à travers une telle diversité. Leur surface corporelle croît à peu près en proportion de leur volume à la puissance des deux tiers—miroir du modèle des sphères ou des cubes plutôt que des formes de vie désordonnées et imprévisibles.
Des chercheurs de l'Université James Cook et de l'Université du Massachusetts ont créé des modèles 3D détaillés de 54 espèces de requins, allant des requins-lanternes de la taille d'un doigt au massive requin-baleine de la taille d'un bus. Ils ont mesuré la surface et le volume avec des techniques d'imagerie modernes et ont découvert que l'exposant reliant les deux quantités est d'environ 0,64—à quelques pourcents près de l'exposant théorique de 0,67 pour un redimensionnement géométrique parfait.
Ce qui rend cela frappant, c'est que les requins diffèrent énormément—non seulement en taille mais aussi en habitudes, habitats, morphologie. Les espèces aplaties liées aux récifs, les croiseurs des mers ouvertes avec de longues queues, les habitants des eaux froides, les géants des régions chaudes—toutes semblent se conformer à cette même règle. Cela suggère que la loi des deux tiers n'est pas une réflexion biologique mais peut-être une contrainte évolutive profonde, façonnant la forme que la vie peut prendre, et non seulement ce qu'elle choisit de prendre. Un mécanisme plausible : à mesure que les animaux grandissent, leur surface (qui contrôle la perte de chaleur, l'échange de gaz, l'interaction avec l'environnement) croît plus lentement que leur volume (qui contient les tissus, le métabolisme et l'espace interne). Si la forme du corps s'écarte trop de l'attente géométrique, alors la physiologie peut en souffrir.
Un autre facteur peut résider dans le développement : la façon dont les tissus sont disposés pendant la croissance précoce peut imposer des limites au changement de forme. De grandes déviations par rapport à l'échelle des deux tiers pourraient nécessiter des changements révolutionnaires dans l'architecture embryonnaire—quelque chose de coûteux ou rare dans le cadre temporel évolutif. Les chercheurs mettent en garde que les différences écologiques ou de mode de vie (nageurs rapides vs. lents, habitants des eaux peu profondes vs. profondes) semblent avoir beaucoup moins d'importance que ces contraintes sous-jacentes : la règle s'est maintenue indépendamment de la niche.
Cependant, l'étude a ses limites. Elle examine les requins—un groupe ancien et relativement uniforme de poissons cartilagineux. Que les mammifères, les oiseaux ou des formes de vie plus bizarres se conforment à la même règle des deux tiers reste à être testé de manière extensive. Les auteurs notent que les structures internes au corps—surfaces branchiales, organes internes—n'ont pas été incluses dans les mesures de surface, et leur inclusion pourrait rapprocher l'exposant de trois quarts dans certains contextes.
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Source : google news world
Publié par Banx Network. Cet article fait partie du programme de médias décentralisés Banx, propulsé par le jeton BXE sur le XRP Ledger.




