L'idée d'une ville née dans la jungle de Bornéo, s'élevant des ruisseaux et des palmiers pour devenir la capitale d'une nation, portait en elle une promesse romantique. En 2019, le gouvernement indonésien a annoncé l'établissement de Nusantara pour remplacer la ville surchargée et en déclin de Jakarta. La vision était celle d'une capitale moderne, ville-forêt, qui placerait l'avenir de l'Indonésie dans ses terres moins peuplées. Pourtant, au fil des mois, le silence dans les larges boulevards de Nusantara et la rareté de la vie résidentielle ont commencé à chuchoter une histoire plus douce mais profondément troublante.
En marchant à travers la zone gouvernementale planifiée de Nusantara—un vaste réseau d'avenues larges et de tours de verre qui brillent dans les images satellites—on ressent non pas tout à fait une toile vierge, mais quelque chose de proche. Les rapports montrent qu'une fraction seulement de la zone centrale prévue a été construite jusqu'à présent : sur les 6 600 hectares prévus, environ 800 hectares ont été développés à ce jour. L'objectif de population grandiose—près de deux millions d'ici 2045—reste encore loin. Le squelette d'une ville est là, mais la chair n'est pas encore arrivée.
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