Dans une décision qui apporte un soulagement temporaire à des centaines de migrants d'Afrique de l'Est et injecte une nouvelle urgence dans un débat controversé sur l'immigration aux États-Unis, un juge fédéral a temporairement bloqué le plan de l'administration Trump visant à mettre fin au Statut de Protection Temporaire (TPS) pour les ressortissants sud-soudanais. L'arrêt, rendu le 30 décembre 2025, suspend la fin prévue des protections qui devaient expirer début janvier, en attendant un examen judiciaire plus approfondi de l'affaire.
L'affaire concerne près de 300 migrants sud-soudanais vivant et travaillant aux États-Unis sous le TPS — un programme humanitaire créé pour protéger les personnes de la déportation si leur pays d'origine est dangereux en raison de la guerre, de catastrophes ou de conditions extraordinaires. Le Soudan du Sud, la nation la plus jeune du monde, a enduré des années de conflits civils, d'insécurité persistante et de grandes crises humanitaires depuis son indépendance en 2011.
La juge de district des États-Unis, Angel Kelley, siégeant dans le Massachusetts, a accordé un sursis administratif qui bloque la décision du Département de la Sécurité Intérieure (DHS) de laisser le statut expirer comme prévu les 5 et 6 janvier 2026. Dans son ordonnance, la juge a souligné que permettre la résiliation d'entrer en vigueur avant que les tribunaux puissent pleinement examiner les arguments juridiques "priverait les bénéficiaires actuels d'un statut légal" et pourrait les exposer à une déportation imminente, causant potentiellement un préjudice irréparable.
Le procès a été intenté par quatre ressortissants sud-soudanais aux côtés du groupe de défense des immigrants African Communities Together. Les plaignants soutiennent que la décision de l'administration viole la loi sur le TPS et ignore les dangers persistants au Soudan du Sud, où les conflits et les défis humanitaires persistent malgré les déclarations officielles de "paix renouvelée". Ils soutiennent également que la résiliation reflète une intention discriminatoire, violant les principes de protection égale.
Les responsables du DHS, quant à eux, ont défendu la résiliation comme légale et appropriée, affirmant que les conditions qui justifiaient à l'origine le TPS — telles que les conflits armés — ne prévalent plus au Soudan du Sud et que la désignation était toujours censée être temporaire. Le département a également cherché à mettre fin à des protections similaires pour les migrants d'autres pays, y compris la Syrie, le Venezuela et Haïti, déclenchant des défis juridiques parallèles.
Selon l'ordonnance de la juge, les titulaires de TPS et les demandeurs du Soudan du Sud conserveront leur statut légal, leurs autorisations de travail et leur protection contre la déportation pour l'instant, pendant que le tribunal examine les mérites plus larges de l'affaire. Le gouvernement doit déposer son opposition d'ici le 9 janvier 2026, et les plaignants doivent répondre d'ici le 13 janvier. L'issue ultime de ce litige façonnera non seulement le destin de ces migrants mais aussi des débats plus larges sur la politique du TPS et les protections humanitaires dans le droit de l'immigration américain.
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Sources Reuters Associated Press The Guardian UPI GBH News
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