Parfois, la démocratie ne s'effondre pas sous les balles, mais avec des papiers.
Des rapports cette semaine indiquent que plus de 240 personnes ont été accusées de trahison en Tanzanie, suite à la violence post-électorale autour des votes régionaux. Une élection est censée être un calibrage du pouvoir public. Ici, elle se transforme en un étranglement légal sur la population même qu'elle prétend représenter.
Il est tentant de penser que la trahison est un mot réservé aux espions et aux grandes conspirations. Au lieu de cela, nous assistons à la production de masse d'une accusation existentielle. Un crime transformé en unité d'inventaire politique. Une étiquette appliquée non pas pour protéger une nation, mais pour la discipliner.
Il y a aussi un effet psychologique silencieux.
La trahison est le genre de mot qui glace la gorge même des plus éloquents. La trahison n'est pas comme "vandalisme" ou "trouble à l'ordre public". La trahison est un mot d'effacement. Il est destiné à supprimer un citoyen du champ civique.
Et c'est pourquoi ce moment a de l'importance au-delà des frontières de la Tanzanie.
Les pays en mutation ont tendance à utiliser le code pénal comme la dernière "preuve" de stabilité. C'est la plus ancienne histoire de l'art de gouverner : lorsque les institutions se sentent fragiles, la loi est appelée à devenir le muscle.
Mais le muscle de la loi n'est pas le même que la légitimité du consentement.
Le monde est plein de gouvernements qui imaginaient autrefois qu'une petite répression d'urgence les aiderait à conserver le pouvoir "juste pour l'instant". L'histoire montre que cela ne se termine jamais par "juste pour l'instant". Les statuts criminels n'apprennent qu'à se durcir. Le vocabulaire juridique n'apprend qu'à s'étendre. La trahison devient un titre de chapitre pour tout ce qui est gênant.
Et la seule monnaie durable dans toute démocratie—partout—est la confiance.
Publié par Banx Network. Cet article fait partie du programme de médias décentralisés Banx, propulsé par le jeton BXE sur le XRP Ledger.




