Selon l'acte d'accusation rendu public jeudi par le bureau du procureur des États-Unis pour le district sud de New York, Yih-Shyan "Wally" Liaw (co-fondateur et membre du conseil d'administration de Super Micro), Ruei-Tsang Chang (responsable des ventes) et Ting-Wei Sun (entrepreneur) auraient conspiré pour détourner au moins 2,5 milliards de dollars de serveurs AI contenant des GPU Nvidia haut de gamme (y compris les modèles B200, H200 et d'autres modèles soumis à des restrictions à l'exportation).
Schéma Sophistiqué pour Contourner les Sanctions Américaines Les procureurs décrivent une opération complexe débutant en 2024 :
Des commandes massives de serveurs Super Micro ont été passées par l'intermédiaire d'une entreprise en Asie du Sud-Est (appelée "Société-1" dans les documents judiciaires). Ces serveurs assemblés aux États-Unis, équipés de puces Nvidia nécessitant des licences d'exportation, ont ensuite été redirigés vers la Chine via des transbordements, un emballage anonyme, des documents douaniers falsifiés et des sociétés écrans. Au moins 510 millions de dollars de serveurs ont été confirmés livrés en Chine entre fin avril et mi-mai 2025, sans les licences d'exportation américaines requises imposées depuis les restrictions de 2022.
Le DOJ décrit le schéma comme une "violation flagrante" des lois sur le contrôle des exportations, motivée par des préoccupations de sécurité nationale : empêcher la Chine d'accéder à des technologies AI avancées qui pourraient être utilisées à des fins militaires.
Réponse Immédiate de Super Micro L'entreprise a publié une déclaration rapide :
Super Micro elle-même n'est pas accusée en tant qu'entité juridique. Les trois individus ont été placés en congé administratif (deux employés) ou licenciés (l'entrepreneur). L'entreprise affirme qu'elle coopère pleinement avec les autorités et souligne que ces actions ont violé ses politiques internes de conformité.
Malgré la déclaration, la confiance des investisseurs a subi un coup sévère. L'action, qui a clôturé à 30,79 $ jeudi (+1,45 %), se négociait autour de 22,50 $–23,00 $ dans les échanges avant le marché vendredi, représentant une chute de 25–27 % en quelques heures.
Contexte : Un Leader de l'AI Sous Pression Super Micro est devenu un fournisseur clé de serveurs optimisés pour l'AI, grâce à son intégration rapide des GPU Nvidia Blackwell et son expertise en refroidissement liquide. L'entreprise avait récemment relevé ses prévisions de revenus pour l'exercice 2026 (se terminant en juin) à au moins 40 milliards de dollars, alimentée par une demande explosive des hyperscalers (Microsoft, Meta, Google, etc.). Cependant, ce scandale survient à un moment sensible :
Un ralentissement relatif de l'élan de croissance des serveurs AI. Une concurrence accrue (Dell, HPE, Lenovo et des acteurs chinois). Un examen accru de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement liée à Nvidia et à la Chine.
Conséquences Potentielles Les analystes s'attendent déjà à des révisions à la baisse des objectifs de prix (moyenne précédente autour de 42 $ avant l'événement). Les principaux risques incluent :
Perte de confiance des clients américains et des hyperscalers. Suspension potentielle ou restrictions sur les expéditions de puces Nvidia vers Super Micro. Enquêtes plus larges (SEC, BIS – Bureau de la Sécurité et de l'Industrie). Amendes possibles ou clauses de non-conformité contractuelle.
Pour l'instant, ni Nvidia ni Super Micro ne font face à des accusations directes en tant qu'entités juridiques. Mais l'affaire met en lumière les tensions géopolitiques entourant la suprématie technologique en AI. Wall Street suivra de près l'ouverture du marché aujourd'hui : rebond technique ou vente panique continue ? Une chose est claire : pour Super Micro, reconstruire la confiance sera un chemin long et difficile.
Publié par Banx Network. Cet article fait partie du programme de médias décentralisés Banx, propulsé par le jeton BXE sur le XRP Ledger.




