Port Soudan, Soudan—Le système de santé national au Soudan a effectivement cessé de fonctionner. Des années de conflit civil implacable ont laissé la grande majorité des établissements médicaux détruits ou abandonnés. Les données des systèmes de surveillance de la santé montrent que près de 40 % des hôpitaux sont désormais complètement non fonctionnels.
La plupart des établissements restants dans la capitale Khartoum sont fermés. Ceux qui sont encore en activité font face à des pénuries aiguës de carburant, de médicaments et d'eau potable. Les niveaux de personnel ont chuté alors que les médecins fuient vers des zones plus sûres ou à l'étranger. De nombreux professionnels de la santé n'ont pas été payés depuis des mois.
Les services de santé maternelle et infantile ont subi les déclins les plus aigus. Les taux d'assistance à la naissance ont considérablement diminué depuis l'intensification des combats. La couverture vaccinale s'est effondrée par rapport aux niveaux précédents, laissant des millions d'enfants vulnérables aux épidémies. Les maladies évitables se propagent désormais sans contrôle dans les camps de déplacés.
Les travailleurs humanitaires décrivent un système qui ne tient que par désespoir. Des cliniques de fortune fonctionnent dans des maisons privées ou des écoles avec des ressources limitées. Ces établissements sont souvent les seuls points de soins pour des milliers de civils blessés. Même ces lieux font face à des menaces constantes de bombardements et de frappes de drones.
Les patients ayant besoin de chirurgie ou de soins spécialisés doivent souvent parcourir des jours de voyage pour atteindre le plus proche établissement ouvert. Beaucoup meurent lors de ces longs voyages incertains à travers des territoires contestés. La distance physique entre les combats de première ligne et les soins disponibles est devenue une sentence de mort. Les survivants arrivent souvent avec des infections avancées et des complications ingérables.
Les donateurs internationaux continuent de lutter contre d'énormes lacunes de financement. Les besoins d'urgence pour 2026 restent largement insatisfaits, laissant la couverture à moins de 20 %. La saison des pluies à venir menace de couper même les routes d'approvisionnement les plus basiques. Les agences humanitaires sont contraintes de prioriser uniquement les cas les plus extrêmes.
Des bénévoles locaux tentent de combler le vaste vide laissé par l'État. Ils coordonnent des réseaux de distribution de fournitures qui contournent les lignes de front actives. Ces efforts à petite échelle sont de plus en plus risqués et ne fournissent qu'un soulagement temporaire. Il n'y a pas de voie claire pour rétablir même un standard de base des services d'urgence.
Les autorités n'ont pas réussi à sécuriser des corridors protégés pour les fournitures médicales. Les chaînes logistiques restent perturbées par le pillage et les points de contrôle militaires. Sans un cessez-le-feu, les cliniques restantes devraient échouer dans les semaines à venir. La réalité actuelle est une absence totale d'infrastructure de santé formelle pour des millions de personnes.
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