Il y a des moments dans l'exploration scientifique qui ressemblent moins à l'activation d'un interrupteur et plus à l'ouverture d'un vieux livre usé pour découvrir des histoires écrites par le temps lui-même. Dans des laboratoires et des sites de terrain s'étendant des régions gelées du nord du Canada à ses eaux côtières brumeuses, les chercheurs se préparent à lire ces histoires gravées dans des fragments génétiques plus anciens que les souvenirs de nombreuses espèces encore vivantes aujourd'hui. Grâce à une subvention récemment accordée, cet effort va bientôt s'accélérer — reliant le passé et le présent pour éclairer comment la vie a résisté aux longs cycles de changement de la planète.
Cette semaine, l'Université McMaster et l'Institut Hakai ont reçu un investissement de 2,3 millions de dollars du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et de la Fondation Tula pour diriger une étude pionnière exploitant l'ADN ancien afin de mieux comprendre l'empreinte du changement climatique sur les écosystèmes. Le projet, co-dirigé par l'anthropologue génétique Hendrik Poinar, plongera dans les archives biosphériques préservées dans le permafrost et les sédiments marins, cherchant des motifs de résilience et de transformation qui s'étendent sur près d'un million d'années.
À bien des égards, l'ADN ancien est la propre capsule temporelle de la Terre. Enfouis dans le permafrost ou enfermés dans des couches de sédiments, des fragments génomiques microscopiques — provenant de plantes, d'animaux, de champignons et de microbes — portent des échos de climats et de communautés disparus. Pour Poinar et ses collègues, ces archives biomoléculaires offrent une chance d'observer les écosystèmes réagir à des changements brusques de température et de niveau d'humidité bien avant que des instruments modernes n'existent pour enregistrer de tels changements. En comparant les réponses anciennes avec les pressions climatiques d'aujourd'hui, les scientifiques espèrent affiner les prévisions sur la manière dont les paysages contemporains pourraient s'adapter, ou faiblir, face au réchauffement rapide.
La collaboration entre McMaster et l'Institut Hakai, un centre de recherche écologique en Colombie-Britannique, reflète à la fois l'ampleur et la profondeur de ce défi. Bien que la majeure partie des travaux sur le permafrost se déroulera à Hamilton et dans les laboratoires de McMaster, les carottes de sédiments marins — un autre réservoir d'ADN ancien — seront principalement analysées dans les installations côtières de Hakai. Ce double focus relie les plaines gelées du nord du Canada à sa côte pacifique, renforçant l'idée que l'empreinte du climat est globale dans son ampleur et multifacette dans son expression.
L'un des objectifs du projet est d'établir le Réseau canadien d'ADN ancien (Can-aDNA), une plateforme pour standardiser les méthodes et unir les chercheurs à travers le pays. En rassemblant des données et des expertises à l'échelle nationale, le réseau vise à élever le rôle du Canada dans la paléogénomique — l'étude des génomes anciens — tout en formant une nouvelle génération de scientifiques aux techniques de laboratoire et de calcul de pointe. Alors que des étudiants diplômés et des chercheurs postdoctoraux rejoignent les phases de travail de terrain et d'analyse, ils deviennent partie intégrante d'une lignée d'enquête qui s'étend des écosystèmes passés aux prévisions futures.
Il y a de la poésie dans l'idée que des fragments d'ADN, préservés pendant des éons, peuvent nous parler maintenant d'adaptabilité et de résilience. En traçant comment les plantes et les animaux ont autrefois réagi aux cycles de réchauffement et de refroidissement, les chercheurs cherchent non seulement à comprendre ce qui a été perdu mais aussi à discerner des motifs qui pourraient guider les stratégies de conservation et de climat aujourd'hui. En ce sens, chaque molécule d'ADN ancien est à la fois un murmure du passé et une incitation à une gestion éclairée du monde vivant.
En termes simples, l'Université McMaster et l'Institut Hakai ont reçu une subvention de 2,3 millions de dollars pour mener une étude sur l'ADN ancien axée sur les réponses passées au changement climatique. Le travail explorera l'ADN environnemental provenant du permafrost et des sédiments marins, établira un réseau de recherche national et formera de nouveaux chercheurs en paléogénomique dans le cadre des efforts visant à améliorer la compréhension du changement des écosystèmes contemporains.
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Sources McMaster News News Minimalist
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