Dans les cieux crépusculaires au-dessus des vergers du Queensland, les chauves-souris volantes — les chauves-souris frugivores natives d'Australie — traçent depuis longtemps des arcs à la recherche de nectar et de fruits. Vitales pour la pollinisation et la dispersion des graines, ces créatures se retrouvent désormais au centre d'une controverse renouvelée : le gouvernement du Queensland a révoqué une interdiction prévue de tirer sur les chauves-souris volantes, permettant aux agriculteurs de continuer cette pratique avec des permis officiels.
Les Permis de Mitigation des Dommages (DMP) permettent aux agriculteurs de tirer sur un nombre limité de chauves-souris — jusqu'à 1 630 par an, y compris les chauves-souris à tête grise, noires et rouges — destinés à être utilisés en dernier recours après l'échec de méthodes non létales comme le filet. Les responsables soulignent que les permis sont destinés à protéger les cultures, et non à servir de licence générale pour l'abattage.
À l'origine, une interdiction progressive était prévue pour la mi-2026 afin d'encourager l'adoption de méthodes non létales. Les critiques soutiennent que ce revirement s'est produit sans consultation suffisante avec des experts en faune ou des groupes de conservation, soulevant des inquiétudes pour les chauves-souris, en particulier pour l'espèce vulnérable à tête grise.
Les agriculteurs affirment que les mesures non létales peuvent parfois échouer, et que les permis fournissent une protection vitale pour les vergers de grande valeur. Les défenseurs de la faune rétorquent que le tir est inefficace et inhumain, avec des risques de nuire involontairement à des espèces protégées et de provoquer des souffrances prolongées.
La question met en lumière la tension persistante entre la conservation de la biodiversité et les moyens de subsistance agricoles. Les chauves-souris volantes sont essentielles à la régénération des forêts et à la santé des écosystèmes, mais leur présence près des vergers crée de réels défis économiques. Des programmes de gestion dirigés par la communauté et des subventions pour des dispositifs de dissuasion alternatifs visent à aider les agriculteurs à réduire les conflits sans nuire à la faune.
Alors que le Queensland met en œuvre cette politique révisée, les débats se poursuivent sur la meilleure façon de protéger à la fois les cultures et les espèces natives, un équilibre délicat où le compromis et l'innovation restent cruciaux.
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Sources The Guardian Bats and Trees Society Courier-Mail
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